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BOBIGNY, 14 mai 2014 (AFP) Libéré pour une panne de fax, le meurtrier présumé d’un DJ jugé vendredi

Le 14 mai 2014
Sa libération à la faveur d’une panne de fax au tribunal avait fait grand bruit: le principal suspect dans le tabassage à mort d’un DJ antillais qui animait une soirée du Nouveau An 2011 doit être jug

Sa libération à la faveur d’une panne de fax au tribunal avait fait grand bruit: le principal suspect dans le tabassage à mort d’un DJ antillais qui animait une soirée du Nouveau An 2011 doit être jugé à partir de vendredi.

BOBIGNY, 14 mai 2014 (AFP) -Amadou Fall, 24 ans, se présentera-t-il de lui-même aux assises de Seine-Saint-Denis, où il risque 30 ans de prison, ou choisira-t-il la cavale, au grand désarroi de la famille de Claudy Elisor, la victime?

“J’attends ce procès avec impatience”, témoigne aujourd’hui la veuve de Claudy Elisor, Fabienne, qui concède un “petit sentiment d’injustice” né des “ratés de l’enquête”.

L’affaire du fax jamais reçu par un juge des libertés et de la détention (JLD) à cause d’un problème d’encre, ayant permis la remise en liberté du suspect en février, a ravivé ses plaies, mais Mme Elisor s’efforce de garder “confiance” dans la justice, trois ans après la Saint-Sylvestre 2011.

Cette nuit-là, aux alentours de 04H00 du matin, Mme Elisor a vu une dizaine de jeunes d’une cité du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) débarquer dans une salle des fêtes où environ 80 personnes, beaucoup d’entre elles originaires des Antilles et de Guadeloupe, se sont réunies.

Les agresseurs, ameutés via SMS par un jeune de la cité qui s’était fait refouler de la soirée quelques minutes plus tôt, fondent sur le DJ, Claudy, père de famille de 33 ans et animateur de soirées à ses heures perdues. Un premier coup à la tête et l’homme s’effondre.

Selon les témoins, un homme avec un pitbull monte la garde tandis que les autres s’acharnent sur M. Elisor, au sol, le frappant notamment avec une chaise, puis s’enfuient quelques minutes plus tard en dévastant les lieux.

Plongé dans un coma profond, Claudy Elisor succombe quelques jours plus tard d’un oedème cérébral, soulevant une forte émotion parmi les Français d’Outre-Mer, dont certains représentants accusent alors la police de ne pas être intervenue assez rapidement parce que la victime était d’origine antillaise.

“C’est une véritable catastrophe judiciaire!”, se lamente son avocat, Me Bernard Benaiem. “L’affaire devait être relativement simple, avec pléthore de témoins. Mais sur dix agresseurs, on en a que deux” qui seront jugés devant la Cour d’assises, regrette-t-il.

Médiatisé et politisé

Malgré un dossier “très médiatisé et politisé” - l’ancien président Nicolas Sarkozy avait reçu les proches de la victime - “de nombreuses pistes n’ont pas été exploitées et les juges d’instruction se sont passé le dossier comme une patate chaude”, accuse l’avocat.

Contre Amadou Fall, soupçonné d’être le jeune homme éconduit de la soirée qui a battu le rappel de ses copains pour constituer un “véritable commando” et laver l’affront dans le sang, l’enquête se fonde, faute de traces ADN probantes, sur des témoignages et des analyses d’échanges téléphoniques.

Amadou s’était présenté de lui-même à la police dès le 8 janvier, se disant innocent. Selon les enquêteurs, il s’était teint en blond pour brouiller les pistes.

“C’est le dossier du témoignage et de sa fragilité”, dénonce son avocat, Gilles-Jean Portejoie. Alors que l’avocat de la veuve Elisor, Me Benaiem, est convaincu qu’Amadou ne se présentera pas au procès, son contradicteur le dit “prêt à se battre pour prouver son innocence”.

Il sera à la barre et l’affaire du fax, sur laquelle une enquête a été diligentée par la garde des Sceaux Christiane Taubira, “n’aura aucune influence sur les juges”, martèle-t-il.

Quand au deuxième accusé, Alassane Diop, qui aurait selon l’enquête participé au lynchage de M. Elisor, il clame également son innocence. “J’espère que ça va se dérouler de manière calme et sereine” et que tous les co-accusés seront présents, déclare son avocate, Me Amèle Bentahar.

Le procès doit débuter vendredi aux assises de Bobigny, verdict attendu le 23 mai.

 

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